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MALARIA: Voyage en Amérique latine : faut-il une chimioprophylaxie contre le paludisme ?

Pour l’Amérique Latine, les recommandations pour les voyageurs concernant la prévention du paludisme sont basées sur le niveau de transmission locale. Cependant, ces données reflètent-elles bien le risque pour les voyageurs ? Et celui-ci est-il important ?

Les auteurs de cet article ont tenté de répondre à ces questions en analysant un certain nombre de données : les taux d’infestations des différents pays d’Amérique centrale et du sud, le nombre de cas de paludisme importés (d’Amérique latine) aux USA et dans 9 pays d’Europe dont la France, mais aussi les chiffres concernant les voyages internationaux.

Plusieurs grandes tendances se dessinent :
- une diminution globale des cas  de paludisme en Amérique latine, à l’exception de certaines régions de l’Honduras et de la Colombie. La transmission en Guyane française et au Suriname reste élevée.
- une très forte proportion d’infestation à Plasmodium vivax (à l’exception de la Colombie, de la Guyane française et du Suriname, où le taux d’infestation à P falciparum est loin d’être négligeable).
- une augmentation des voyages internationaux
- une faible proportion des cas de paludisme d’importation en provenance du nouveau monde (10 % aux USA et entre 1,1 et 3,4 % en Europe en fonction des pays) et une tendance à la diminution du nombre absolu entre les années 2000 et 2005.

Les cas importés du Guatemala, de la Guyane Française et du Honduras représentent plus de la moitié des cas d’importation. Il faut par ailleurs citer l’exemple du Honduras, où malgré une augmentation du taux d’infestation de 36 %, le nombre de cas importés a diminué de 20 %.
Donc si l’on tient compte du peu d’intérêt de la chimioprophylaxie pour l’espèce P. vivax (absence de prévention des accès de reviviscence), du faible risque de contracter un paludisme dans la plupart de ces régions et des possibles effets secondaires des traitements préventifs (32 à 45 % d’effets indésirables modérés et 3 à 8 % d’effets indésirables sévères), la balance bénéfice/risque aurait tendance à pencher vers l’absence de chimioprophylaxie (sauf pour la Guyane française et le Suriname).

Certains pays comme la Suisse ont d’ailleurs opté pour cette solution avec la prescription d’un traitement curatif de réserve par sécurité. Rappelons tout de même que la meilleure des préventions reste la protection contre les piqûres de moustiques, qui a l’avantage de réduire le risque de contracter d’autres maladies à transmission vectorielle comme la dengue, qui au contraire est en pleine expansion dans ces régions du monde.


Dr Alice Perignon


Behrens RH et coll. : “The low and declining risk of malaria in travellers to Latin America : is there still an indication for chemoprophylaxis ?” Malaria Journal. 2007; 6 (1) : 114



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Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
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