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Protection vis-à-vis de la sclérose en plaques : merci mes frères !

Selon certaines théories pathogéniques plus ou moins en vogue, l’exposition précoce aux infections dès le plus jeune âge serait une parade face aux maladies allergiques et auto-immunitaires. Faire partie d’une fratrie serait à cet égard une bonne affaire, la transmission des infections apportées par les cadets étant en général efficace au sein des familles.

Il se trouve qu’une théorie infectieuse de la sclérose en plaques (SEP) incrimine le virus d’Epstein-Barr (VEB) dans sa pathogénie.
De là à suggérer que la fratrie pourrait protéger de cette maladie, il n’y avait qu’un pas, aisément franchi par une étude de type cas-témoins réalisée en Tasmanie, entre 1999 et 2001.

136 malades atteints d’une SEP confirmée par l’IRM constituent le groupe des cas. Les témoins appariés selon l’âge et le sexe sont au nombre de 272. La comparaison intergroupe a permis d’évaluer le risque de SEP en fonction de la durée du contact avec des frères et sœurs âgés de moins de 2 ans, ceci au cours des 6 premières années de la vie.

Une relation a été effectivement mise en évidence entre cette durée et le risque précédent, plutôt l’odds ratio ajusté (ORA) (p=0,002) : 1) < 1 enfant-année : OR de référence=1,00 ; 2) 1 à < 3 enfants-années : OR, 0,57 ; 3) 3 à < 5 enfants-années : OR, 0,40 ; 4) > 5 enfants-années : OR=0,12. Des antécédents d’exposition à des nourrissons, frères ou sœurs, ont en outre été associés à une diminution de la production d’IgG dirigés contre le VEB chez les témoins.

Une exposition d’au moins un enfant-année dans ce groupe s’accompagne d’une diminution du risque de mononucléose infectieuse et du risque de taux d’IgG très élevés dirigés contre le VEB, l’ORA par rapport aux autres témoins non exposés étant estimé à 0,33. La relation inverse entre, d’une part, les contacts fréquents avec des frères et des sœurs, d’autre part, la SEP s’est révélée indépendante des taux d’IgG VEB.

Au cours des 6 premières années de la vie, le fait d’être en contacts fréquents avec des frères et sœurs plus jeunes, apparaît donc associé à un moindre risque relatif de sclérose en plaques. Des résultats à nuancer, car ils proviennent d’une étude cas-témoins…

Ponsonby A-L et coll.:«Exposure to infants siblings during early life and risk of multiple sclerosis.” JAMA 2005 ; 293:463-469.



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Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
Prof. Dr. Mario I. Cámera

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