Les hallucinations de la maladie de Parkinson sont en relation avec des troubles du sommeil

Des hallucinations, le plus souvent visuelles, sont retrouvées chez un quart des patients atteints de maladie de Parkinson. Cette prévalence dépend en fait des critères sémiologiques retenus pour les identifier. En effet, elle est plus importante si l’on tient compte des sensations de « passage de personnes ou de présence » qui sont fréquemment rapportées par les patients.

Des travaux avaient montré que les hallucinations étaient souvent associées à des troubles cognitifs. Mais il existe peu d’études sur l’histoire naturelle de cette symptomatologie et sur les facteurs prédictifs d’apparition des hallucinations. Depuis de nombreuses années, F Mahieux et G Fénelon effectuent des recherches sur ce thème.

Dans un travail qui sera prochainement publié dans Movement Disorders, cette équipe présente le résultat du suivi à un an d’une population de 141 parkinsoniens. La prévalence des hallucinations est restée élevée entre la première (41,7 %) et la deuxième évaluation (49,6 %).

Par contre la prévalence des hallucinations mineures a augmenté de 29,1 à 40,2 %. Ce dernier type hallucinations est relativement labile puisqu’elles sont apparues pendant la période de suivi dans 20 % des cas et ont disparu dans 9 % des observations.

Dans une autre étude, Goetz avait montré que 50 % des patients sans hallucination au début de la maladie ont eu des hallucinations après 4 ans de suivi. La relation avec les troubles cognitifs est complexe et le score cognitif évalué par le MMP n’est pas prédictif de l’émergence d’ hallucinations.

 De même, l’apparition des hallucinations dans cette cohorte n’était pas liée à l’augmentation du traitement dopaminergique.

Le principal intérêt de cette étude est de montrer que la présence de troubles importants du sommeil augmente de manière très significative le risque d’hallucination. Il existe aussi une relation avec les troubles axiaux et les symptômes oculaires non spécifiques.

Ces derniers ont, rappelons le, un rôle favorisant dans le syndrome de Charles Bonnet qui se caractérise par l’apparition d’hallucinations chez le sujet âgé ayant une pathologie oculaire.

Au total, il apparaît de plus en plus que la maladie de Parkinson ne se résume pas à un dysfonctionnement du système dopaminergique nigrostrié mais comporte également une atteinte de structures comme le locus coeruleus ou le noyau pédonculopontin. De nouvelles études vont essayer de mieux préciser la relation entre les différents structures anatomiques suspectées.

Ces nombreuse avancées montrent que la dichotomie entre la neurologie et la psychiatrie est de plus en plus menacée, ce qui va dans le sens d’une meilleure prise en charge de ce type de symptômes et de patients.

A Doé de Maindreville, G Fénelon et F Mahieux: “Hallucinations in Parkinson's disease: A follow-up study.” Mov Dis 2005, publication avançée en ligne



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Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
Prof. Dr. Mario I. Cámera

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