| CANCER DU SEIN: L’influence du type de pilule contraceptive utilisée sur la mortalité par cancer du sein reste douteuse |
Bien que réduisant la fréquence globale des cancers, l’utilisation récente de la pilule combinée est associée, dans certaines études, à une discrète augmentation de l’incidence du cancer du sein parmi les femmes les plus jeunes. La dernière publication en date sur ce sujet s’est intéressée plus particulièrement aux conséquences de ces cancers du sein invasifs entre autres sur la mortalité dans le cadre d’une étude de cohorte prospective qui a inclus 1 264 femmes âgées de 20 à 54 ans au moment du diagnostic. Deux cent quatre-vingt-douze patientes sont décédées de causes diverses pendant la période de suivie de 10 ans. La mortalité est apparue légèrement majorée chez les utilisatrices récentes de pilule au moment du diagnostic ou dans l’année précédente (risque relatif 1,57 ; IC95 % : 0,95-2,61). Ce risque était plus franchement majoré chez les utilisatrices de pilules fortement dosées dans les 5 ans précédant la découverte du cancer (RR 2,39 ; IC95 % : 1,29-4,41) et chez celles prenant une minipilule à base de lévonorgestrel (RR 2,01 ; IC95 % : 1,03-3,91) par rapport aux non-utilisatrices. Ces données suggèrent donc que l’utilisation de pilules fortement dosées ou à base de lévonorgestrel pourrait s’associer à une inflation du risque de décès par cancer du sein. Les lecteurs n’auront pas manqué de constater que l’intervalle de confiance du risque relatif de mortalité chez les utilisatrices de pilule, tous types confondus, englobe l’unité (risque relatif 1,57 IC95 % 0,95-2,61) et n’est donc pas statistiquement significatif. Seule, une analyse fractionnée, dite en sous-groupe, donc de faible puissance et très souvent sujette à caution a révélé un doublement du risque de décès avec les pilules fortement dosées ou contenant du lévonorgestrel. De l’avis même des auteurs, ces données doivent être interprétées avec précaution devant ces limitations techniques réduisant fortement la valeur informative de cette publication. Le problème reste donc entier devant le manque de cohérence des données disponibles. Trivers K et coll. : « Oral contraceptives and survival in breast cancer patients aged 20 to 54 years. » Cancer Epidemiol Biomarkers Prev. 2007 ; 16 : 1822-7 |
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