Si l'alopécie androgénétique n'est pas exceptionnelle chez la femme ménopausée, une forme particulière d'alopécie localisée a été décrite depuis une dizaine d'années dans cette classe d'âge sous le nom d'alopécie fibrosante frontale.
Des dermatologistes italiens rapportent ainsi une série de 14 femmes âgées de 54 à 78 ans qui présentent une alopécie frontale en bande de largeur variable (de 1 à 3 cm) et qui est à l'origine d'un recul de l'implantation des cheveux dans cette région. On observe une chute partielle ou complète des sourcils dans 9 cas sur 16. Cette alopécie semble avoir débuté le plus souvent après la ménopause. Les différents traitements utilisés (corticostéroïdes sysmétiques ou locaux, Minoxidil topique) n'ont pas semblé efficaces à l'exception du finastéride prescrit dans 8 cas avec une impression de stabilisation de cette alopécie.
L'alopécie fibrosante frontale est une entité maintenant bien individualisée dont l'étiologie est parfaitement inconnue et qui diffère d'autres dermatoses alopéciantes comme, en particulier, le lichen plan pilaire. La survenue, dans la période post ménopausique, fait évoquer une origine hormonale androgéno-dépendante avec atteinte spécifique de la région frontale. Le finastéride, qui n'a pas d'AMM dans l'alopécie androgénétique de la femme ménopausée, pourrait néanmoins être une alternative thérapeutique dans ce cadre où les autres traitements utilisés se révèlent inefficaces.
Tosti A et coll.:« Frontal fibrosing alopecia in postmenopausal women.» J Am Acad Dermatol 2005; 52: 55-60
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