L’efficacité des traitements du reflux gastro œsophagien est difficile à évaluer sur les seuls symptômes cliniques

Les symptômes majeurs du reflux gastro œsophagien (RGO) sont les brûlures épigastriques et les régurgitations dont se plaint ¼ de la population occidentale.

Son traitement a été transformé, tant par l’apparition des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), que par le développement de la chirurgie antireflux sous cælioscopie (CAC), tous deux efficaces mais posant le problème du choix thérapeutique.

Un travail récent a montré que beaucoup d’opérés continuaient de prendre des IPP, alors même que leur pHmétrie était normalisée, ce qui pose la question de savoir si l’évaluation sur les seuls symptômes est valable.

Dans cette étude, 70 patients ont subi une évaluation par un score de DeMeester de l'intensité de leurs brûlures (0 à 3) et régurgitations (0 à 3), alors qu’ils étaient sans traitement, sous IPP et avant et 6 à 8 semaines après la CAC.

Cette évaluation était aussitôt suivie d’une manométrie (pour repérer le sphincter inférieur de l’œsophage), et d’une pHmétrie des 24 h. Seuls, les malades dont le pH préopératoire était < 4 pendant au moins 4 % du temps total (1 h) après 5 j d’arrêt des IPP, ont été inclus. La CAC a consisté en une fundoplicature avec valve courte et réduction de la hernie hiatale sans section systématique des vaisseaux courts.

Les symptômes duraient en moyenne depuis 5 ans avant la CAC. Le score, à 5 sans traitement, est tombé à 1,5 après IPP et à 0 après CAC. La disparition totale des troubles a été obtenue 30 fois après IPP et 51 fois après CAC. Les pourcentages de temps avec un pH <4 sans traitement, après IPP et après CAC, ont été respectivement de 9,5 %, 4,3 % et 0,5 %.

Au total, le score clinique et la durée d’un pH < 4 ne sont pas corrélés; en revanche, les RGO les plus sévères en préopératoire sont aussi ceux qui ont le plus grand risque d’avoir une pHmétrie perturbée en postopératoire. Sur 70 malades, les IPP en ont soulagé 30, dont 18 cependant gardaient un RGO chimique.

Après l’intervention, 51 patients sont devenus asymptomatiques, dont 6 seulement gardaient un reflux perçu par la pHmétrie. Mais la persistance d’un RGO chimique se voyait autant chez les malades avec que sans symptômes après IPP alors que, sur les 19 opérés restant gênés, 2 seulement avaient un reflux authentifié par le pH.

L’amélioration clinique n’est pas corrélée automatiquement à une réduction de l’exposition du bas œsophage à l’acidité. Bien des patients soulagés par les IPP conservent un reflux chimique, alors que ceux qui continuent de se plaindre après CAC n’ont plus de reflux acide démontrable.

Jenkinson AD et coll. : “Relationship between symptom response and oesophageal acid exposure after medical and surgical treatment for gastro-oesophageal reflux disease”. Brit.J.Surg. 2004;91:1460-5



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Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
Prof. Dr. Mario I. Cámera

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