| Les greffes à partir de donneurs vivants progressent (enfin) en France |
Paris, le jeudi 23 août 2007 – Il est des informations qui seraient observées soit avec une grande inquiétude soit avec indifférence par une majorité de nos voisins européens et qui suscitent pourtant dans l’hexagone une grande satisfaction. Ainsi si la Grande-Bretagne faisait état d’un taux de greffes rénales à partir de donneurs vivants atteignant 9 %, de multiples interrogations ne manqueraient pas de poindre pour définir les raisons d’un si faible résultat. La France, qui connaît un très important retard en la matière observe pour sa part ce même chiffre avec le sentiment d’assister à une nouvelle ère. Six réponses négativesLe rapport d’activité de l’Agence de biomédecine en 2006 publié cet été révèle en effet que la France a connu l’année dernière une augmentation de la greffe à partir de donneurs vivants de 25 %. Cette évolution espérée par de nombreuses associations de malades depuis plusieurs années est notamment liée à la publication le 10 mai 2005 d’un décret sur l’encadrement des candidats au don d’organe. Le texte permet notamment à un cercle de famille élargi, aux époux sans dérogation et aux concubins depuis plus de deux ans, de donner un rein, un lobe de foie ou un lobe de poumon à un proche. Il précise en outre le rôle et la composition des comités d’experts : les huit institutions existantes depuis juin 2005 sont ainsi représentées par trois médecins, une personne qualifiée en sciences humaines et sociales et un psychologue. Après la réalisation des examens médicaux par l’équipe de greffe, le candidat au don est reçu par le comité d’experts avant qu’un magistrat ne s’assure que le consentement du donneur est libre et éclairé. Enfin, la décision est rendue collégialement. En 2006, quelque 322 dossiers ont été présentés, dont 270 concernaient des greffes de rein et 52 des greffes de foie. Les parents demeurent les proches les plus souvent représentés parmi les candidats au don (116), suivis par les frères et sœurs (113), les époux (58), les enfants (20), les grands-parents, oncles, tantes et cousins (7) et enfin les concubins. Les demandes de 39 familles n’ont pu aboutir, tandis que six dossiers ont été rejetés : dans 33 cas, un refus secondaire a été opposé au donneur, un donneur cadavérique a été préféré ou une contre-indication secondaire à la greffe a été mise en avant. Concernant les dossiers ayant reçu une réponse négative, ils concernaient autant de rein que de foie. Augmentation de 25 % pour les greffes de rein, baisse de 50 % pour les greffes de foie gaucheLe nombre de greffes effectivement réalisées à partir de donneurs vivants a été en 2006 de 247 en ce qui concerne le rein, ce qui représente une progression de 25 % et 9 % de l’ensemble des prélèvements de rein. Ces interventions ont été réalisées par 34 des 39 équipes habilitées. La greffe de lobe de foie droit à partir de donneurs vivants a pour sa part connu une baisse de 50 % : quinze organes ont été effectivement prélevés. Une telle tendance n’est pas observée en ce qui concerne les foies gauches : 21 de ces organes ont été prélevés à partir de donneurs vivants, dont 17 pour des greffes pédiatriques. Au total, les greffes à partir de donneurs vivants représentent 6,6 % de l’ensemble des greffes de foie et 23 % des greffes hépatites pédiatriques. Ces interventions ont été réalisées par huit des vingt-quatre équipes habilitées. Soulignons en outre que dans le cadre des dérogations aux règles de sécurité sanitaires prévues par un décret du 21 décembre 2005 et qui permet le prélèvement d’organes chez des donneurs porteurs des VHB et VHC, trente reins et trois foies ont été prélevés chez des patients vivants atteints d’hépatite B. L’effort d’information de l’Agence de biomédecine auprès des équipes de transplantation quant à la possibilité d’avoir plus souvent recours dans certaines circonstances à un donneur vivant a sans doute contribué à l’obtention de ces résultats. Le geste de Richard Berry en juin 2005 aura peut-être également joué un rôle essentiel en ce qui concerne la sensibilisation des familles et des proches. |
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