| CARDIOLOGIE: L’infarctus du myocarde comme marqueur de risque de diabète et de prédiabète ? |
Si le diabète est un facteur établi d’infarctus du myocarde, nombre de lacunes persistent quant à l’incidence et aux facteurs de risque de survenue d’un diabète ou d’une intolérance au glucose chez les sujets ayant eu un infarctus du myocarde. Des auteurs américains et italiens, cherchant à pallier ces manques, ont mené une vaste étude afin de déterminer l’incidence du diabète et de l’altération de la tolérance à jeun du glucose après un infarctus du myocarde, et de préciser les facteurs démographiques, cliniques et de mode de vie susceptibles d’accroître le risque. L’étude, prospective, a recueilli les données, provenant d’un essai randomisé mené à grande échelle, la GISSI (Gruppo Italiano per lo Studio della Sopravvivenza nell'Infarto Miocardico)-Preventiozione study, intéressant une cohorte de 8 291 patients italiens ayant eu un infarctus du myocarde dans les trois mois précédant l’inclusion dans l’étude et indemnes de diabète à ce moment, l’affirmation du diabète étant ici fondée sur la notion d’utilisation d’un médicament antidiabétique, de diagnostic porté par un médecin ou d’une glycémie à jeun atteignant ou dépassant 7 mmol/l. Les patients ont été suivis tous les six mois, pendant 3 ans et demi, chaque consultation recherchant l’apparition d’un diabète de type 2 (glycémie à jeun ≥ 7 mmol/l), d’une altération de la glycémie à jeun (supérieure ou égale à 6,1 mmol/l et inférieure à 7 mmol/l) et précisant l’indice de masse corporelle (IMC), les habitudes alimentaires, les médicaments consommés. Une attention particulière a été portée au suivi d’un régime de type méditerranéen, et la consommation de légumes, de fruits, de poisson, et d’huile d’olive a été estimée et cotée. Au cours du suivi (26 795 personnes-années), d’une durée moyenne de 3,2 années (DS : 0,9), 998 patients (12 %) ont vu s’installer un diabète, soit une incidence de 37 cas p. 1 000 personnes-années. L’étude a identifié plusieurs facteurs de risque indépendants de survenue du diabète et de l’intolérance à jeun au glucose : l’avancée en âge, l’existence d’une hypertension artérielle (risque de diabète augmenté de 22 %), l’IMC augmenté et élévation de l’IMC au cours du suivi (chaque unité d’augmentation de l’IMC était associée à un risque accru de diabète de 9 %, IC à 95 %7-11), le tabagisme persistant (élevant le risque de survenue de diabète de 60 %), un moindre score de régime méditerranéen, une consommation de vin dépassant 1 l/j, la prise de ß-bloquants (risque de diabète accru de 27 %), l’utilisation d’un traitement hypolipémiant à visée protectrice (risque augmenté de 22 %), la prise de diurétiques. En comparaison des études de cohorte conduites en population générale, les patients ayant eu un infarctus myocardique récent sont apparus ici avoir un risque accru de développement d’un diabète (3,7 % versus 0,8-1,6 %) ou d’une intolérance à jeun au glucose (27,5 % versus 1,8 %), dans les années qui suivent l’événement cardiovasculaire, et ces données pourraient, selon les auteurs, faire de la survenue d’un infarctus du myocarde un équivalent de risque de prédiabète. Les auteurs se sont attachés, dans cette étude qui n’a pas considéré les effets de l’activité physique, à évaluer divers facteurs de risque modifiables, ces derniers pouvant être autant de cibles de dépistage et d’intervention de réduction de risque. Il s’agit notamment, chez les sujets ayant eu un infarctus du myocarde : l’arrêt du tabagisme, la prévention de la prise de poids, l’adhésion à une alimentation de type méditerranéenne. Mozaffarian D et coll. "Incidence of new-onset diabetes and impaired fasting glucose in patients with recent myocardial infarction and the effect of clinical and lifestyle risk factors". Lancet 2007 ; 370 : 667-75 |
![]() |
NOTICIA SELECCIONADA POR E-MEDICUM |