ADOLESCENTS: La Maison de Solenn, victime de son succès !

Paris, le vendredi 7 septembre 2007 – Son nom est si bien inscrit dans les esprits qu’il surpasse presque le lieu qu’il baptise. La « Maison de Solenn » apparaît en effet aujourd’hui comme un synonyme de « maison de l’adolescent ».

L’inauguration en 2004 de ce centre dont l’objectif est d’offrir aux adolescents, quelle que soit leur pathologie, psychiatrique ou physique, un lieu qui leur offre une prise en charge spécifique à leur âge, a sans doute contribué à son succès non démenti. L’épouse de l’ancien Président de la République, Bernadette Chirac et le présentateur vedette du journal de TF1, Patrick Poivre d’Arvor ont en effet contribué à faire de ce pôle unique en terme d’accueil des adolescents, un espace de référence médiatique. Le défi aura été si bien relevé qu’aujourd’hui de nombreux jeunes patients se présentent seuls aux portes de l’élégant bâtiment de verre de quatre étages, adossé à l’hôpital Cochin. Isabelle Ferrand, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Cochin explique : « Ils se présentent de plus en plus souvent seuls pour se renseigner et chercher de l’aide. Ils viennent en général pour des histoires de drogue, de mésentente avec leurs parents ou pour des troubles anxio-dépressifs ».

Prédominance des pathologies psychiatriques

Le succès dont bénéficie la Maison de Solenn est également lié à la composition de son équipe, coordonnée jusqu’à il y a quelques jours par le charismatique Marcel Rufo, pédopsychiatre. La personnalité du médecin, l’histoire personnelle des parrains de l’établissement et jusqu’au nom donné au centre (celui de la fille de Patrick Poivre d’Arvor, atteinte d’anorexie et qui s’est donné la mort à l’âge de 19 ans) expliquent qu’il est plus souvent reconnu par les adolescents pour sa prise en charge des troubles mentaux et du comportement alimentaire, plutôt que pour ses compétences dans d’autres domaines. Parmi les 1 200 à 1 500 consultations réalisées chaque mois par la Maison de Solenn (contre 812 en moyenne à ses débuts !), 70 % concernent en effet des troubles psychiatriques. Face à ce phénomène, Isabelle Ferrand, qui assure la direction par intérim de l’établissement, depuis le départ de Marcel Ruffo, qui a regagné son sud natal pour développer un accueil similaire des adolescents, espère qu’une plus grande place sera accordée dans l’avenir à la prise en charge des troubles somatiques.

Bémol

Alors qu’un nouvel appel à projet devrait être lancé en janvier par le ministère de la Santé afin de voir s’ouvrir d’autres espaces dédiés à toutes les souffrances de l’adolescent, à l’instar de ceux existant déjà au Havre, à Marseille et à Bordeaux, certains soulignent cependant la nécessité de s’intéresser à la validité de ce schéma de prise en charge. Dans son rapport sur la santé des enfants et des adolescents remis en avril au ministère de la Santé, Danièle Sommelet avait ainsi jugé que « ces maisons devaient rester (…) des expériences, dont l’évaluation du fonctionnement et des services rendus doivent être un pré-requis à leur extension ».

A.H.



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Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
Prof. Dr. Mario I. Cámera