| Caractérisation des épanchements pleuraux induits par le dasatinib |
Le dasatinib est un inhibiteur des kinases ABL et SRC et à un moindre degré du PDGF-Ralpha et de KIT. Son intérêt a été largement démontré dans les leucémies myéloïdes chroniques (LMC) en échec ou intolérantes à l’imatinib. Son profil de tolérance est caractérisé par la fréquence des cytopénies et des épanchements pleuraux, ces derniers ayant été rapportés dans 14 à 30 % des cas. Les auteurs ont voulu caractériser les atteintes pleurales afin d’en déterminer les facteurs de risque et la prise en charge thérapeutique. Au sein d’une cohorte de 138 patients atteints de LMC en phase chronique, accélérée ou blastique et inclus dans les essais dasatinib de phase I ou II au MD Anderson, ils ont identifié 48 patients ayant développé un épanchement pleural dont 48 % de grade 3-4. Ces épanchements étaient bilatéraux dans 79 % des cas et le délai médian de leur apparition était de 5 semaines (1-107) après le début du dasatinib, 90 % d’entre eux étant survenus pendant la 1ère année de traitement. Ils se sont manifestés par l’apparition d’une dyspnée dans 90 % des cas. Sur le plan radiologique, un infiltrat parenchymateux était associé à l’épanchement dans 19 % des cas. L’analyse du liquide pleural chez 9 patients a montré un exsudat (78 %) ou un transsudat (22 %), une prédominance lymphocytaire, et l’absence de contamination microbiologique ou de cellules tumorales. Dix-huit patients ont bénéficié d’une évaluation cardiaque et une augmentation significative des pressions systoliques ventriculaires droites a été mise en évidence. Une diminution importante de la FEVG a été observée chez un seul patient au passé coronarien chargé. La pro BNP était élevée chez 79 % des malades mais les valeurs pré-thérapeutiques ne sont pas disponibles. Un épanchement péricardique était présent dans 29 % des cas. En analyse multivariée, les facteurs de risque de développement d’épanchement pleural sous dasatinib étaient des antécédents de cardiopathie ou d’hypertension artérielle, et l’administration du dasatinib en 2 prises quotidiennes plutôt qu’en une prise. Sur le plan de la prise en charge, le dasatinib a été interrompu chez 83 % des patients pendant 27 jours en médiane (4-113). Le traitement a été repris à doses réduites dans 73 % des cas. Des épanchements récidivants ont alors été observés dans 28 % des cas. Une ponction évacuatrice a été pratiquée dans 19 % des cas. Certains patients ont reçu des diurétiques, d’autres des corticostéroïdes. La corticothérapie s’est avérée la plus efficace. Nous avons également montré à l’hôpital Saint-Louis que les épanchements pleuraux associés au dasatinib étaient fréquemment associés à une atteinte parenchymateuse, qu’une infiltration lymphocytaire du liquide pleural et de la plèvre était présente, et que l’arrêt temporaire du dasatinib accompagné d’une corticothérapie s’avéraient efficaces [Bergeron et Coll. AJCCR 2007 publication avancée en ligne le 28 juin]. L’efficacité des corticostéroïdes, associée à la prédominance lymphocytaire des épanchements, suggère un mécanisme auto-immun qui reste jusqu’à présent inexploré. Dr Delphine Rea Quintas-Cardama A et coll. : “Pleural effusions in patients with chronic myelogenous leukaemia treated with dasatinib after imatinib failure.” JCO 2007., 25 : 3908-3914. Vous pouvez lire sur un thème proche :
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