De l’adolescence au grand âge, à quelle sauce mange-t-on ?

Le goût, le coût, les aliments à disposition, les habitudes culturelles, religieuses, le fait d’être ou non préoccupé par son poids, les motivations liées à la  santé… conditionnent les choix alimentaires, et ces choix varient au cours de la vie. Dans un contexte où l’alimentation apparaît un point d’impact clé de la prévention de nombre de maladies, des auteurs canadiens ont cherché à identifier les déterminants des choix alimentaires de leurs concitoyens, selon qu’ils se préoccupent ou non de leur santé, des maladies cardiovasculaires, du cancer, de l’ostéoporose, du contenu des aliments en sel, fibres, graisses, et examiné  l’effet modificateur de l’âge, du sexe, des revenus et de l’éducation, de l’activité physique, sur les choix d’alimentation.

Ces auteurs ont mené une vaste enquête, inscrite dans le Canadian Community Health Survey, et s’appuyant sur les réponses à 12 questions intéressant les choix des aliments. Elle a porté sur 98 733 sujets âgés de plus de 12 ans, dont 14 % d’adolescents (12-19 ans), 19 % d’adultes jeunes (20-34 ans), 31 % d’adultes d’âge moyen (35-54 ans), 26 % d’adultes plus âgés (55-74 ans) et 10 % de sujets âgés (75 ans et plus). 

Les résultats laissent apparaître que près de 70 % des adolescents canadiens interrogés choisissent leur alimentation indépendamment de toute préoccupation de santé.

Chez les adultes, mais aussi chez 26 % des adolescents, c’est le  poids corporel qui est la motivation majeure des choix alimentaires, tandis que chez les sujets âgés c’est la maladie cardiaque qui sous-tend principalement les choix et les rejets.
L’ombre des maladies cardiovasculaires ne plane pas uniquement sur le choix des aînés, elle conditionne aussi les choix alimentaires de  9 % des adolescents, de 42 % des adultes d’âge moyen et de 47 % des adultes plus âgés.
La peur du cancer est apparue, dans cette enquête, avoir un impact moindre sur les choix d’alimentation et ce dans toutes les catégories d’âge ; il en était de même pour la crainte de l’ostéoporose.

Parmi les participants à l’enquête, ce sont les femmes (65 % de la population féminine versus 45,6 % des hommes, de toutes classes d’âge), les sujets à niveau d’éducation élevé (66,5 % des sujets ayant suivi des études supérieures versus 42 % de ceux dont le cursus scolaire s’est arrêté avant le lycée) et à hauts revenus (62,4 % des plus hauts revenus versus 52,2 % des plus faibles, après ajustement sur le niveau d’éducation), ceux ayant une activité physique modérée, et ceux atteints d’une maladie cardiovasculaire, d’un cancer ou d’un diabète, qui choissent le plus leur alimentation et évitent certains aliments pour raison de santé.
Près de 80 % des femmes versus 60 % des hommes prennent en considération la composition des aliments ; les adolescents, en revanche, ne semblent guère s’en soucier, tandis que les sujets âgés paraissent porter une attention assidue au contenu des aliments qu’ils consomment.

Éducation, revenus, sexe, âge, activité physique, état de santé paraissent jouer, un rôle déterminant dans le fait de choisir ou non une alimentation « santé ». Les auteurs mettent l’accent sur le faible pourcentage d’adolescents prenant en considération leur santé dans leurs choix alimentaires, et insistent sur la nécessité de la prévention dans cette classe d’âge.


Dr Julie Perrot


Ree M et coll. Factors affecting food selection in Canadian population. Eur J Clin Nutr, 1er août 2007. Publication avancée en ligne le 1er août.



NOTICIA SELECCIONADA POR E-MEDICUM
Prof. Dr. Mario I. CámeraDirector Médico
Prof. Dr. Mario I. Cámera